La diversité dans la littérature jeunesse

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Au milieu de tant de guerres et de souffrances dans le monde, il est plus qu’essentiel d’inculquer l’amour et d’inspirer l’acceptation de l’Autre dans le cœur des tout-petits. Les livres pour enfants viennent en tête des moyens d’y arriver, car ils permettent d’inculquer des valeurs propices à leur épanouissement et à rendre le monde meilleur. Être confronté aux richesses de la diversité dès l’enfance, c’est la garantie de grandir dans un esprit de tolérance et d’inclusion.

Le poids de la norme dans la littérature jeunesse actuelle

Bien qu’il y ait eu d’énormes progrès ces dernières années, les œuvres culturelles grand public mettent majoritairement en scène des personnages blancs, masculins, hétérosexuels, minces, aisés et valides. Alors qu’ils ne représentent qu’une fraction de la population, ils inondent nos imaginaires culturels. Cela est vrai au cinéma, à la télévision et, jusque dans les livres pour enfants. Comme si l’homme blanc, cadre, valide, hétérosexuel et mince constituait la norme.

Et lorsque des personnages en dehors de cette norme apparaissent, ils ont bien souvent des rôles stéréotypés. Le personnage « normal » peut lui être un jour policier sans le sou, le lendemain un richissime pompier volontaire, le surlendemain voleur alors que le noir va souvent se voir limité au statut de pauvre migrant, l’asiatique à l’expert en arts martiaux… Je vous vois venir, bien sûr, ce n’est pas systématique et on trouve des tas de contre exemples. Et même de plus en plus, c’est tant mieux !

Mais ce n’est pas assez, les chiffres sont criants. D’après le dernier baromètre de la diversité à la télévision du CSA, en 2020, seuls 16% des personnes dans les fictions françaises étaient perçues comme non blanches. Le CSA montre ensuite que les non-blancs ont moins souvent des rôles à connotation positive. Et pour ceux qui tiennent un rôle positif, l’étude ne va pas jusqu’à évaluer le niveau de cliché du rôle tenu. Dommage, car je suis convaincue que le résultat serait éloquent !

Ce même type d’études existe spécifiquement sur la littérature jeunesse et là encore les résultats sont sans appel. Mais pas besoin de chiffres pour s’en apercevoir. Un simple tour en librairie suffit.

Pourquoi c’est néfaste ?

Les livres pour enfant, qu’on le veuille ou non ont une dimension éducative. Les petits en pleine construction vont modeler leur perception du monde à partir de leurs lectures. Les personnages qui y sont mis en scène vont contribuer, par le pouvoir de l’identification, à façonner le comportement de nos chérubins. Les livres ont le pouvoir de stimuler l’imaginaire et d’accroitre (ou de restreindre) le champ des possibles. Les enfants sont comme des éponges, ils absorbent tout ce qu’ils voient et entendent. C’est pourquoi je pense qu’il est capital qu’une édition pour la jeunesse transmette des messages d’inclusion dans ses ouvrages.

Qu’advient-il à un jeune qui ne voit presque jamais des gens qui lui ressemblent dans des rôles enviables ? Que se passe-t-il si tous les héros qu’il admire dans les livres ne lui ressemblent pas, que ceux qui lui ressemblent sont eux bien souvent dans des positions peu envieuses ? Quel impact sur ses perspectives ?

Et que se passe-t-il pour l’enfant qui se voit lui toujours en héros dans les livres et que tous les Mohamed de son imaginaire littéraire sont des rôles secondaires assez louches ? Avec quelle vision des genres grandit on quand la plupart des filles de l’imaginaire collectif sont des femmes passives soumises au bien vouloir d’hommes ?

Avec une littérature monochrome, de quoi nourrissons-nous nos enfants ? Quelles valeurs leur inculquons-nous ? Certainement pas les valeurs fondatrices d’une société plus juste et inclusive où chacun peut écrire son histoire !

Cette vision normée que les grands éditeurs mettent encore bien trop en avant dans la rédaction des livres jeunesse a bel et bien des effets néfastes sur nos enfants et leur avenir. Elle formate leurs esprits à n’accepter comme normal qu’une seule catégorie de personnes. Au lieu de les ouvrir au monde et à leur potentiel, elle les enferme dans des rôles clichés et constitue l’une des racines de la discrimination.

Vers une littérature jeunesse inclusive

Les auteurs jeunesse devraient inspirer dans leurs romans, un cadre où tous les enfants ont leurs places. Heureusement, de plus en plus d’acteurs des livres pour la jeunesse contemporaine ont compris que l’acceptation de la diversité est l’un des défis de notre temps.

Pour conclure cet article, je vais donc vous présenter quelques-unes des belles initiatives en la matière que j’ai découvertes :

  • Diveka : association qui œuvre en faveur de la représentation de la diversité dans la littérature jeunesse. J’avais déjà parlé ici de sa fondatrice à l’occasion de la sortie de son essai sur la maternité noire.
  • Laura Nsafou : blogueuse, militante et auteure talentueuse d’ouvrages pour la jeunesse avec des héroïnes noires tels que Comme des milliers de papillons noirs, Le chemin de Jada ou Nos jours brûlés.
  • Mistikrak : site canadien de la bibliothécaire Valérie Desmangles qui recense des livres jeunesse avec des héros noirs ou qui traitent du vivre ensemble.
  • Les éditions Anacaona : maison d’édition qui promeut une littérature métissée, des auteurs brésiliens, des essais féministes et l’ouverture sur le monde des enfants.
  • Biblibok : une maison d’édition qui propose des œuvres jeunesse représentatives de tous les enfants. On peut même personnaliser leurs livres !

Et vous, vous sentez-vous concernés par cette problématique ? Quels sont vos auteurs jeunesse favoris ? Connaissez-vous d’autres maisons d’édition consacrées à promouvoir la diversité ? Dites moi tout en commentaires🎤

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A très vite !

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