Petit guide pour être un voyager responsable

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Le tourisme est la première industrie mondiale, plus de 800 millions de voyageurs internationaux. Or, l’industrie du tourisme cherche souvent la rentabilité à tout prix et à court terme, et ce secteur a des effets pervers sur les régions qu’il est censé mettre en valeur : il nuit à l’environnement  naturel et ne contribue pas systématiquement au développement des populations locales, dont les cultures traditionnelles sont ignorées voire menacées. Les conséquences d’un tourisme de masse incontrôlé peuvent donc être dévastatrices, aussi bien pour l’environnement que pour le milieu humain.

En voyageant de manière responsable, on est tout simplement cohérents avec les principes citoyens qu’on applique chez nouset on fait du voyage une expérience authentique. Voyager responsable permet ainsi le développement économique et l’épanouissement des populations locales, la préservation à long terme des ressources naturelles, culturelles et sociales et une rencontre authentique entre les voyageurs et les populations locales.  Maintenant que vous  vous êtes décidé à voyager autrement, vous devez vous demander comment  vous y prendre pour devenir un voyageur responsable ?

Quel que soit le voyagiste choisi et le voyage acheté ou organisé soi-même, notre propre comportement sera déterminant pour la « qualité » de notre tourisme et les conséquences de notre passage ! Or, modifier son comportement personnel lors d’un voyage individuel ou organisé n’est pas si simple, car nous n’avons pas toujours conscience des conséquences de nos actes. En effet, il est essentiel de reconsidérer notre comportement pour s’assurer du respect des populations et des pays qui nous accueillent pendant nos vacances. Vous trouverez ci-dessous une selection de conseils d’attitudes et de comportements à adopter par le voyageur tirés de Voyages pour la planète.

Avant le départ

  • Un voyage s’apprécie d’autant mieux si l’on se documente à l’avance sur la culture, l’histoire et les croyances de la région visitée.
  • Avant de partir, documentez-vous également sur les comportements à adopter ou à éviter afin de ne pas choquer les populations locales : selon les pays, caresser la tête d’un enfant, se vêtir de manière trop dénudée ou trop ostentatoire, ou s’embrasser en public peuvent en effet s’avérer choquants pour la population.
  • Pensez à faire des achats responsables pour polluer le moins possible une fois sur place, en particulier lors de séjours en pleine nature.

Pendant le voyage

Respect de la culture et des populations locales

  • Respectez les différentes cultures et traditions des peuples que vous êtes venus voir, adaptez-vous et enrichissez-vous de cette différence. En fait, juste retour des choses, les civilisations des pays riches ont sûrement beaucoup à reprendre de certaines coutumes de pays moins développés : le sens de la responsabilité dans la société, le respect des personnes âgées, etc.
  • En voyage, vous n’êtes plus chez vous, mais juste un simple invité. L’expression qui veut que «le client est roi » n’est pas valable vis-à-vis des populations qui vous accueillent, un voyage est loin d’être un produit comme un autre.
  • Connaître quelques mots de la langue locale permet toujours de se faire respecter.
  • N’oubliez pas que les surnoms que les touristes portent dans certains pays (« toubab » « gringo », « z’oreille »…) sont presque affectueux, et très rarement injurieux.
  • Pourboires et rétributions doivent être en rapport avec le coût de la vie sur place afin de ne pas déstabiliser l’économie locale.
  • Dans les pays en voie de développement, il n’est pas recommandé de distribuer les médicaments directement aux populations. Il faut se référer au dispensaire ou à l’hôpital afin de s’assurer qu’un bon usage est fait de ces derniers, et éviter également d’alimenter le marché noir.
  • N’oubliez pas de marchander avec humour et patience, et ne vous emportez pas. Un sourire vaut toujours mieux qu’un ton agressif.
  • N’achetez pas des objets sacrés ou traditionnels afin de ne pas dépouiller le patrimoine historique de votre pays d’accueil, sauf si évidemment il s’agit de copies destinées à la vente.
  • Il convient bien sûr de respecter les lieux de culte, et de ne pas y entrer si l’accès est interdit aux touristes.
  • S’il vous plait ne faites pas de graffitis sur les bâtiments historiques ni sur les arbres ou rochers. C’est moche !
  • Profiter de la misère du pays d’accueil à des fins sexuelles est répréhensible. Le tourisme sexuel concerne aussi bien les actes de pédophilie que le recours à la prostitution sous toutes ses formes. Rappelons que la loi d’extraterritorialité révisée en 1998 permet de juger un ressortissant français ayant commis des abus sexuels en France et à l’étranger. Les peines pour un abus commis sur un enfant vont jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.
  • Enfin, sur place, privilégiez autant que possible les hôtels et prestations proposées par des locaux, et achetez de l’artisanat et des produits régionaux, c’est bien sûr un des meilleurs moyens de faire bénéficier directement les populations de l’argent du tourisme.

Faune et flore


On ne veut pas passer pour des rabat-joie mais on croise encore des touristes qui font n’importe quoi dès qu’ils se trouvent dans la nature ou en contact avec des animaux. Non, la vie sauvage n’a rien à voir avec un zoo. Rappelons donc quelques évidences.

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  • Respectez le silence de la nature. Parlez à voix basse, pour ne pas effrayer les animaux et pour ne pas déranger les autres visiteurs.
  • Veuillez ne pas introduire de plantes étrangères à l’écosystème de votre destination : certaines îles comme celle de la Réunion n’arrive plus à se défaire des espèces dites invasives.
  • N’attirez pas les animaux avec de la nourriture, cela modifie leur régime alimentaire et peut même leur être fatal.
  • Observez les animaux sauvages à distance raisonnable pour ne pas les effrayer et modifier leurs comportements, et ne les touchez pas, pour votre propre sécurité et pour la leur.
  • N’entourez jamais complètement un groupe ou un unique animal, et ne vous placez pas entre la mère et son enfant. Ceci est particulièrement valable pour les éléphants !
  • N’importez pas des animaux vivants ou morts, et n’encouragez pas le commerce de leurs peaux, fourrure, ivoire, etc. Ces pratiques participent amplement à la perte de la biodiversité et à l’extinction des espèces, et sont interdites en vertu des accords pour la protection des espèces (CITES). Attention, vous risquez gros si vous êtes pris avec une tortue de mer ou une fourrure de phoque dans vos bagages !
  • Respectez le balisage des chemins, vous éviterez ainsi de piétiner la flore.
  • Ne cueillez pas les plantes et fleurs sur votre passage certaines espèces sont en voie d’extinction.
  • La régénération du corail prend des décennies. Faites attention à ne pas le toucher avec vos palmes et à ne pas marcher dessus. De même, ne pas jeter l’ancre en plein récif !
  • Il est toujours important de respecter les réglementations en vigueur dans les Parcs naturels, et de s’acquitter des taxes d’entrée qui servent à préserver ce patrimoine.
  • En résumé, apprenez à apprécier la nature sans la déranger. C’est un peu comme dans un musée : le plaisir des yeux, mais il ne faut pas toucher !

Déchets


Ce n’est pas parce que certains pays ne disposent pas de systèmes de ramassage des déchets qu’il faille faire comme certains locaux, c’est-à-dire jeter ses détritus n’importe quand et n’importe où ! Au contraire, nous avons un rôle de sensibilisation à jouer auprès des populations locales, et c’est à nous de donner l’exemple.

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  • Emportez des sacs poubelles pour tous vos déchets et jetez-les dans une poubelle ! Quand il n’y en a pas à proximité, attendez d’être de retour en ville.
  • Avant de partir, essayez de limiter au maximum les emballages jetables à laisser sur place.
  • Veuillez faire preuve de civisme et tentez de ramener en France les déchets nocifs comme les piles et autres matériaux qui ne pourront être recyclés ou détruits dans certaines destinations.
  • La mer n’est pas une poubelle. Saviez-vous qu’un simple sac plastique peut être fatal aux tortues ou aux dauphins qui s’étouffent en croyant avaler une méduse?
  • En bateau ou en camping-car, pensez à vidanger les toilettes et réservoirs de carburant dans les emplacements prévus à cet effet.
  • Saviez-vous qu’un mégot met deux ans à se décomposer ? Fumeurs, merci de prévoir un cendrier de poche !

Consommation des ressources

  • L’eau est une ressource précieuse, parfois un luxe. Veuillez à ne pas la gaspiller et à ne pas la polluer. Dans les régions où l’eau se fait rare, privilégiez les douches rapides plutôt que les bains qui consomment en moyenne 5 fois plus d’eau. Utilisez des produits biodégradables (savons, lessives, etc.)
  • Si vous restez plusieurs jours dans le même hôtel, demandez à ce qu’on ne remplace pas vos serviettes de bain ni vos draps afin d’économiser ainsi de l’eau, de la lessive et de l’électricité, et de rendre le travail des aides ménagères moins astreignant. Après tout, est-ce que chez vous, vous lavez vos serviettes de bain tous les jours ?
  • L’électricité est également un luxe pour certains pays, il faut donc penser à éteindre les appareils électriques (ne pas les laisser en veille) et les lumières d’une pièce quand vous n’y êtes pas. Evitez également d’avoir recours à la climatisation.
  • Certaines activités se prêtent mieux à nos climats tempérés qu’aux latitudes tropicales. Le golf est par exemple l’un des plus gros consommateur d’eau sur certaines îles, mettant parfois à sec les réserves pour les agriculteurs et les populations locales. De même, évitez de faire du ski en salle en plein milieu du désert, comme on peut le trouver à Dubaï. Respecter l’environnement, c’est comprendre où on met les pieds.

Equipements

  • Investissez dans des lampes et chargeurs solaires, vous les rentabiliserez en économisant l’achat de piles et éviterez d’avoir à jeter ces dernières. A défaut, préférez des piles rechargeables.
  • A la plage, utilisez un lait solaire plutôt qu’une huile qui ne se dissoudra pas dans l’eau. Près des côtes, l’huile solaire forme un écran à la surface et ralentit la photosynthèse des végétaux sous-marins.
  • Préférez des produits d’entretien et corporels biodégradables.
  • Utilisez des équipements réutilisables plutôt que des jetables. Par exemple : ayez une gourde pour l’eau potable plutôt que d’acheter une nouvelle bouteille d’eau en plastique.
  • Cuisinez au gaz si possible, à défaut, utilisez du bois déjà mort (au sol). Mais attention aux incendies ! Toujours se référer à la réglementation en vigueur.

Déplacements

C’est vrai, l’avion est plus rapide et plus pratique que les autres moyens de transports pour réaliser des distances importantes. Par contre, il pollue davantage et ne permet pas d’apprécier le temps du voyage… Voyager, n’est-ce pas littéralement être en chemin ? Dans un monde où tout va si vite, n’est-il pas préférable de bien découvrir un lieu plutôt que de vouloir tout voir et tout visiter ?

voyager responsable en vélo mobilité douce
  • La marche à pied ou le vélo sont bien adaptés aux courts trajets. Outre le fait que vous resterez en forme, cela vous donne le temps d’apprécier les paysages.
  • Les transports en commun comme le bus ou le train donnent de merveilleuses occasions pour entrer en contact avec la population.
  • Pourquoi ne pas penser au covoiturage ? De plus en plus de sites internet proposent des annonces pour des départs en France mais aussi en Europe. www.covoiturage.com , www.123envoiture.com
  • En privilégiant les petites routes plutôt que les autoroutes, vous roulerez moins vite, vous consommerez donc moins et vous économiserez aussi les frais de péage.
  • Pensez à limiter l’utilisation de la climatisation aux fortes chaleurs. Elle consomme beaucoup et participe au réchauffement climatique !
  • Pour les trajets effectués en avion, il existe aujourd’hui la compensation. Avez-vous pensé à compenser vos émissions de CO2 ?
  • Enfin, d’une manière générale, si vous aimez partir loin, mieux vaut partir moins souvent mais plus longtemps…

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